
Certes, il est plus facile de copier un modèle que d’inventer quelque chose de neuf. Mais, pour progresser, il est essentiel d’apprendre à penser par soi-même et à sortir des chemins tout tracés. Chaque fois que l’on crée de la nouveauté, on passe de « 0 à 1 » et on transforme le monde.
Dans cet ouvrage, Peter Thiel partage sa méthode pour générer de la valeur en innovant, quel que soit le secteur. Il dévoile sa vision percutante de la manière de concevoir, diriger et développer avec succès son entreprise, sa start-up ou sa multinationale.
De zéro à un est un guide indispensable pour tout leader, entrepreneur ou investisseur qui souhaite se démarquer.
Peter Theil est un entrepreneur et un investisseur. Il a lancé PayPal en 1998, en a été le P-DG et l’a introduit en bourse en 2002, ouvrant ainsi une ère nouvelle dans le commerce en ligne rapide et sécurisé.
En 2024, il effectua le premier investissement extérieur dans Facebook, où il exerce en qualité d’administrateur. La même année, il lançait Palantir Technologies, un éditeur de logiciels qui exploite des ordinateurs pour alimenter des analystes humains dans des domaines comme la sécurité nationale et la finance mondiale.
Il a apporté les premiers financements de Linkedin, Yelp et de dizaines d’autres start-ups à succès du secteur technologique, souvent dirigées par d’anciens collègues auxquels on a donné le surnom collectif de « Mafia Paypal ».
Il est l’un des associés principaux du Founders Fund, une société de capital-risque de la SiliconValley qui a financé des sociétés comme SpaceX et Airbnb. Il a créé la Thiel Fellowship, défendant le principe d’une bourse qui a provoqué un débat national aux États-Unis en encourageant des jeunes gens à placer l’apprentissage avant le cursus scolaire, et il dirige la Thiel Foundation, qui travaille à promouvoir le progrès technologique et la réflexion à long terme sur le futur.
Blake Masters était étudiant à la Faculté de droit de Stanford e 2012, quand ses notes détaillés, sur le cours de Peter sur les « start-ups de l’Informatique » ont fait sensation sur Internet. Il a ensuite cofondé Judicata, une startup technologique de recherche juridique.
Préface. De 0 à 1
Conclusion. Stagnation ou singularité ?
Remerciements
Crédits des illustrations
Index
Au sujet des auteurs
Nombre de pages
287
Langue
Française
Année de publication
2014 (ré-édité en 2025)
Éditeur
J'ai Lu
ISBN
979-2-290-412084
Peter Thiel est un personnage pour le moins controversé. Libertarien décomplexé, brillant entrepreneur et investisseur au nez creux, je pensais pouvoir en découvrir davantage sur le personnage en me procurant le seul livre dont il est le co-auteur, De Zero à Un, comment construire le futur.
En effet, mise à part quelques rares tribunes publiées dans des quotidiens américains, sa parole est assez rare. Pourtant, homme de l’ombre, son influence dans le secteur de la technologie et en politique n’est plus à démontrer.
De Zéro à Un est un condensé des cours donnés par Thiel alors qu’il enseignait à Stanford. Pourquoi ce titre ? L’auteur différencie le progrès horizontal qui suppose de copier ce qui marche (en passant de 0 à n) à un progrès vertical ou intensif, créateur de valeur (passage de 0 à 1), plus complexe à imaginer parce qu’il impose de faire ce que personne d’autre n’a encore jamais fait.
La lecture de son ouvrage qui vient d’être réédité aux éditions J’ai Lu ne nous en dévoilera pas beaucoup plus sur le personnage. En effet, ses propos sont relativement consensuels, voir de bon sens concernant les facteurs de succès d’une aventure entrepreneuriale (trouver une idée originale, importance du timing et de la distribution, savoir s’entourer…).
Comme tout bon libertarien, Theil est très critique vis-à-vis de la bureaucratie incontrôlée Européenne (à juste titre), milite pour le techno-solutionnisme, et la constitution d’entreprises monopolistiques. Il est farouchement opposé à toute intervention Étatique, à part lorsque celle-ci sert ses intérêts et ceux de sa Mafia PayPal. Il a obtenu des contrats lucratifs auprès du gouvernement pour la société d’extraction de données et de surveillance Palantir. Il note lui-même que Tesla Motors a bénéficié d’un prêt de 465 millions de dollars du Département américain de l’Énergie. Un demi-milliard de dollars vaut bien une petite contradiction.
La compétition pour l’auteur est une idéologie et le monopole profitable à tous. On peut donc être enseignant à Stanford et avoir des raisonnements clairement orientés, voir erronés. On ne compte plus le nombre d’exemples, notamment dans la Tech, d’entreprises ayant bénéficié de situations monopolistiques qui ont eu des bénéfices pour les créateurs, mais beaucoup moins pour les clients. Microsoft en est un exemple dans ordinateur individuel. Google dans le marché de la publicité en ligne. Les comportements monopolistiques fragilisent l’innovation et favorisent les rentes, généralement au détriment des utilisateurs (augmentation des prix, limitation des fonctionnalités, mise en avant de ses propres produits, distorsion de concurrence, absence d’alternative).
Aussi, certaines théories ou visions, comme le fait que la Chine assurerait sa croissance en copiant simplement ce qui a déjà marché en Occident semble de moins en moins alignés avec la réalité des dernières années. Cela peut s’expliquer probablement par le fait que l’ouvrage a été écrit en 2014 et que le monde avance à pas de géant. La réédition aurait pu permettre de réajuster certains propos.
Cet ouvrage sera assurément divertissant pour tout entrepreneur. Pour les autres, je recommande de passer votre chemin.
Chaque fois que je fais passer un entretien d’embauche, j’aime bien demander ceci : quelle est la vérité fondamentale que très peu de gens partagent avec vous ? […] Une bonne réponse revêtirait par exemple la forme suivante : « une majorité de gens croient en x, mais la vérité est à l’opposé de x. […] Personne ne peut prédire exactement l’avenir, mais nous savons deux choses : il sera autre, et il devra s’enraciner dans le monde actuel. (p.14)
Le monopole créatif est synonyme de nouveaux produits qui profitent à tout le monde et de bénéfices durables pour leur créateur. La concurrence est synonyme d’absence de profits pour tous, d’absence de différenciation significative et de lutte pour la survie. Alors pourquoi les gens croient-ils que la concurrence soit saine ? La réponse, c’est que la concurrence n’est pas seulement un concept économique ou un simple inconvénient auxquels les individus et les compagnies sont confrontés dans le cadre du marché. La concurrence est avant tout une idéologie – la seule et unique idéologie – qui envahit nos sociétés et déforme notre pensée. (p.52)
On peut aussi attendre de l’avenir qu’il soit meilleur ou pire que le présent. Les optimistes s’ouvrent à l’avenir ; les pessimistes le redoutent. La combinaison de ces possibilités génère quatre visions du monde :
Mais cette approche Spray and Pray produit en général des portefeuilles entiers de ratages, et pas un seul coup gagnant. C’est parce que les bénéfices du risque ne respectent pas une distribution d’ensemble normale. Au contraire, ils sont régis par la loi de puissance : une petite poignée d’entreprises se révèlent nettement plus performante que toutes les autres. (p.119)
La première équipe que j’ai constituée s’est acquis la réputation dans la Silicon Valley de Mafia PayPal, du fait du nombre de mes anciens collègues qui se sont ensuite entraidés et ont investi dans des entreprises technologiques qui ont été des réussites. Nous avons cédé PayPal à eBay pour 1,5 milliard de dollars en 2002. Depuis lors, Elon Musk a fondé SpaceX et cofondé Tesla Motors, Reid Hoffman a cofondé Linkedin, Steve Chen, Chad Hurley et Jawed Karim ont fondé YouTube, Jeremy Stoppelman et Russel Simmons ont fondé Yelp, David Sacks a cofondé Yammer et j’ai cofondé Palantir. (p.165)
Fondamentalement, hommes et machines sont efficaces dans des registres différents. Les individus possèdent l’intentionnalité – nous établissons des plans et prenons des décisions dans des situations compliquées. Nous sommes moins performants dans l’analyse d’énormes quantités de données. Les oridinateurs font exactement l’inverse : ils excellent dans le traitement efficace des données, mais ont du mal à formuler des jugements élémentaires qui seraient à la portée de n’importe quel humain. (p.199)
Nous n’avons pas d’informations à dévoiler sur cette opération, mais nous pouvons affirmer qu’à eux seuls, ni l’intelligence humaine ni les ordinateurs ne seront en mesure d’assurer notre sécurité. À cet égard, les deux principales agences d’espionnage américaines appliquent des méthodes diamétralement opposées : la CIA est dirigée par des espions qui privilégient les humains et la NSA (Agence nationale de sécurité) est dirigée par des généraux qui privilégient les ordinateurs. […] Palantir vise à transcender ces points de vue opposés : son logiciel analyse les données que lui fournissent les services gouvernementaux et signale ces activités suspectes à un analyste chevronné pour qu’il les examine. (p.204)
La leçon à retenir, pour nous, entrepreneurs, c’est que nous avons besoin de fondateurs. En tout état de cause, nous devrions nous montrer plus tolérants envers ces personnages fondateurs qui nous semblent si étranges ou si extrêmes ; nous avons besoin d’individus sortant de l’ordinaire, capables de pousser l’entreprise au-delà d’une simple progression graduelle. (p.257)
Sans nouvelle technologie permettant de soulager les pressions concurrentielles, il y aurait stagnation, qui déboucherait sans doute sur un conflit. Et, en cas de conflit à l’échelle mondiale, la stagnation provoquerait un effondrement, qui mènerait à une extinction de notre civilisation. (p.265)